Rob Thacker

Pourquoi est-ce que je porte des carreaux?

Pour honorer mon père et rappeler aux Canadiennes et aux Canadiens que le cancer de la prostate est grave.

Rob Thacker, un astrophysicien originaire de la côte est de l’Angleterre, adore parler avec les gens, en particulier quand il est question de la gravité du cancer de la prostate.

« Comme de très nombreuses personnes y survivent, nous ne tenons pas vraiment compte, je pense, de la gravité de cette maladie potentiellement mortelle. »

Le père de Rob, Keith, est décédé en 2017 d’un cancer de la prostate de stade IV, il parle donc d’expérience.

« C’est très simple, dit Rob. Il nous faut en parler plus en toute franchise et insister sur le fait que ce cancer doit être détecté tôt. » Lorsque Keith a reçu son diagnostic, il a encouragé Rob à parler ouvertement de son expérience pour que d’autres puissent en tirer des leçons.

Rob s’est établi au Canada il y a 26 ans, en 1994, l’année même de la fondation de Cancer de la Prostate Canada*. Dix-neuf ans plus tard, en 2013, Keith a reçu un diagnostic de cancer de la prostate de stade 2. « Comme bien d’autres histoires, le pronostic initial était bon, mais la situation s’est ensuite détériorée. »

Les médecins ont trouvé le cancer, non pas à cause de tests qui aident à le dépister tôt, mais en raison de problèmes urinaires. Keith devait souvent se lever la nuit pour aller aux toilettes et cela était devenu si inconfortable qu’il a finalement reconnu qu’il devait consulter un médecin.

Jusqu’à ce moment-là, Keith était en forme et actif. Il n’avait jamais été à l’hôpital, sauf pour y visiter des amis ou des parents.
« Il était l’une de ces personnes qui pensent qu’elles ne seront jamais malades. »

Après huit mois environ de radiothérapie au Royaume-Uni, les taux d’APS de Keith ont diminué. Un an plus tard, la situation semblait bonne. Puis deux ans après, Keith a commencé à avoir de la difficulté à marcher. On l’a envoyé passer une scintigraphie osseuse, mais avant qu’il ne reçoive les résultats, il s’est cassé la jambe en sortant de son lit.

« Nous avons appris qu’il avait des métastases osseuses très virulentes, dit Rob. Les médecins ne les avaient pas vues parce que le cancer s’est propagé très vite. Son taux d’APS n’avait pas réagi. »

Le cancer s’était propagé aux os de la cuisse, de la poitrine, de la hanche et du dos, et il est devenu incroyablement douloureux.

« Après sa jambe cassée, c’était devenu évident.

Keith n’a plus réussi à marcher sans aide et il a passé les cinq derniers mois de sa vie dans un fauteuil roulant chez lui et ensuite, dans une maison de soins. Rob et ses deux sœurs ont à tour de rôle pris l’avion pour aller aider leur mère, mariée à leur père depuis 52 ans. Pendant tout le temps, Rob et son père ont gardé le moral du mieux qu’ils le pouvaient.

« Nous faisions des blagues, dit Rob. Mon père me disait : « j’ai changé tes couches quand tu étais bébé, maintenant c’est ton tour”. Il s’efforçait vraiment de faire bonne figure, mais de voir son père pleurer est l’une des choses les plus difficiles qu’un fils doive affronter. Tout le monde sait ce qui se passe et on ne peut rien faire d’autre qu’être présent auprès de lui. »

Les trois derniers mois, le père de Rob a vécu dans une maison de soins. Les médecins lui ont donné de la morphine pour soulager la douleur et du Zytiga pour ralentir la croissance du cancer. « Il est ironique de penser à tout ce que nous tenons pour acquis, par exemple notre digestion, et qui peut se mettre à mal fonctionner quand notre corps contient autant de médicaments, dit Rob. Les derniers jours, il n’arrivait plus à penser clairement. »

En raison de ce que son père a vécu, Rob œuvre à sensibiliser la population à la cause du cancer de la prostate en racontant son expérience lors de conférences à des événements et en participant à des collectes de fonds. Il porte du carreauté le vendredi précédant la fête des Pères pour amasser des fonds et favoriser la discussion.

Rob porte la cravate et l’épinglette de Cancer de la Prostate Canada pour honorer son père.
« Pour moi, porter des carreaux, c’est tenter d’exercer une toute petite influence et si une seule famille n’a pas à vivre ce que nous avons dû vivre, j’aurai réussi, je pense, à exercer une grande influence. »

« D’avoir vu quelqu’un vivre cette maladie comme je l’ai fait, je ne le souhaiterais pas à mon pire ennemi, dit Rob. Cette maladie est si douloureuse que j’en ai fait ma mission de mettre les gens en garde. Même s’il est difficile de parler des problèmes de cet ordre, ne les laissez pas s’envenimer. Consultez votre médecin. »

Le 1er février 2020, la Société canadienne du cancer et Cancer de la Prostate Canada ont fusionné leurs activités afin d’œuvrer à la réalisation d’un objectif commun : bâtir un monde où aucun Canadien n’aura à craindre le cancer. Ce partenariat prometteur représente un immense pas en avant dans le secteur canadien des organismes de bienfaisance dédiés au cancer. Le travail de Cancer de la Prostate Canada visant à agir contre le cancer de la prostate au pays se poursuivra au sein de la Société canadienne du cancer.