Bernard Robichaud

Vous le connaissez peut-être sous le nom de Cyrus dans la populaire série canadienne Trailer Park Boys, mais Bernard Robichaud est beaucoup plus que son apparence signature du gars à la veste en cuir, aux  lunettes fumées, au volant d’une Corvette rouge 1979.

En 2017, Bernard a appris qu’il est l’homme sur sept qui vit avec le cancer de la prostate au Canada. En fait, c’est un ami médecin et partenaire de golf qui lui a demandé de passer à bureau et qui lui a annoncé la nouvelle.

« Je me suis dit : ‘drôle de façon de réserver un départ’, raconte Bernard de son foyer à temps partiel dans les Maritimes. Je n’avais aucun symptôme, et jamais je n’aurais imaginé qu’une telle chose puisse m’arriver. Je ne savais même pas ce qu’était un test de l’APS.»

Comme il était un homme actif et en santé de 57 ans, son diagnostic l’a laissé très perplexe.

« Tu penses que tu prends soin de toi, puis cela t’arrive, dit Bernard. J’ai toujours pris soin de mon corps – ma carrière m’y oblige. J’ai toujours fait du sport, je mange bien, je fais de l’exercice… pourquoi moi? J’en vois d’autres qui ne vivent pas aussi sainement que moi et je me demande qu’est-ce qui a bien pu se passer. »

Maintenant, Bernard utilise sa plateforme d’humoriste et d’acteur pour sensibiliser le public au cancer de la prostate qui entraîne annuellement le décès de 4 100 hommes au Canada.

« C’est le moins que je puisse faire. Il est difficile pour les hommes d’en parler, mais je suis heureux de raconter mon expérience. Même s’il n’y a qu’un seul homme qui m’écoute, c’est une vie que j’aurai peut-être aidé à sauver. »

Bernard croit aussi que les hommes devraient parler ouvertement des effets secondaires de nature sexuelle après la chirurgie. « Un homme jeune comme moi ne s’attend pas à devoir composer avec ces effets, dit-il. On peut prendre une pilule – qui peut ou ne pas marcher – et parce que les gens pensent que ce n’est pas essentiel, il faut les payer plein prix. »

Bernard fait des tournées depuis sept ans comme humoriste et utilise la scène pour parler du cancer de la prostate. « J’écris des blagues sur mon diagnostic et mon traitement pour aborder avec légèreté ce sujet grave. »

Il raconte son expérience, entre autres magasiner des sous-vêtements réutilisables et remarquer des taches dans ses pantalons après avoir éternué ou ri parce que la prostatectomie l’a rendu incontinent.

« Il doit exister un meilleur moyen! De combien de sous-vêtements ai-je besoin dans une journée? dit-il en riant. Les possibilités pour les femmes semblent bien meilleures. »